Chapelles de Vence (PRV)

Chapelle Saint Raphaël

C’est un édifice de la seconde moitié du XVe siècle.

La chapelle est située sur les hauteurs de Vence dans la continuation du chemin des Cambreniers avec un accès par un sentier.

Daurelle, historien de Vence, pense que cette chapelle aurait été fondée par l’évêque de Vence, Raphaël Monso (1463-1491) ; elle porte d’ailleurs son prénom. Il la décrit ainsi : « La construction de ses murs est formée de grands arcs que l’on a ensuite remplis de maçonnerie et plafonnée de voûtes à nervures. »

C’était l’église paroissiale de la seigneurie du Malvan. Elle se trouve au milieu des ruines de l’ancien village avec son cimetière et à proximité des restes d’un ancien château dont la tradition voudrait qu’il ait été un lieu habité par Jeanne, reine de Naples et comtesse de Provence (1326-1382), pour y rencontrer son amant le page Aubépin..

Chapelle Sainte Colombe

Typique des petites chapelles rurales du Moyen Âge (XIIe siècle), la chapelle Sainte-Colombe est une des plus anciennes restantes de cette époque.

Comme les autres chapelles, elle est située sur une voie d’accès à la cité, celle venant de Saint-Jeannet.

De plan rectangulaire, elle possède une abside en hémicycle, une charpente en bois à deux pentes avec un clocheton en tuiles vernissées de couleur.

Elle est munie d’un autel maçonné, postérieur à sa construction, adossé à un retable en plâtrerie détaché de l’abside et décoré d’une huile sur toile représentant sainte Colombe, œuvre rustique et en mauvais état.

 

Elle est mitoyenne d’un prieuré transformé en villa. 

Elle a été restaurée en 2004 grâce à l’association des Amis de la Chapelle Sainte-Colombe, l’intervention de la ville et une souscription auprès de la Fondation du Patrimoine.

Chapelle Saint Lambert

Saint évêque de Vence en 1114, Lambert devint un des deux patrons de Vence avec saint Véran.

La chapelle a été construite en 1881 grâce à la générosité des habitants du quartier qui offrirent leur travail en reconnaissance à leur saint évêque.

Ils l’édifièrent non loin d’une source ou saint Lambert aimait se reposer et aurait accompli des miracles.

C’est un petit édifice de plan rectangulaire à abside saillante de plan cintré, entouré de cyprès, qui a été récemment restauré.

Chapelle Sainte Élisabeth

Classée Monument historique, la chapelle Sainte-Élisabeth, de facture romane construite vers la fin du XIIIe siècle, est parmi les plus anciennes de nos chapelles rurales.

De plan rectangulaire, elle se divise en deux parties. La chapelle décorée de fresques et un porche séparé par un arc brisé reposant sur des consoles et muni d’une grille en bois à clairevoie. Elle possède un clocher dont le dôme est couvert de tuiles vernissées de couleurs.

L’autel en maçonnerie n’est qu’en partie d’origine mais le bénitier en pierre date de la construction.

Elle se trouve sur la voie allant de Vence à Saint-Paul et Cagnes-sur-Mer. Toutes nos voies de communication comportaient une chapelle avec auvent pour que le voyageur ou le pèlerin puisse se reposer et prier avant d’entrer dans la ville ou avant de commencer son voyage.

 

Décoration

Elle est décorée de fresques (dessins et pigments de couleurs sont appliqués sur un enduit de chaux frais) présentant un intérêt notable. Sébastien Richard cite dans son histoire de Sainte-Élisabeth une convention, en date du 13 janvier 1491, entre le seigneur Vitalis, clerc bénéficier de l’église de Vence, qui déclare être le constructeur de la chapelle, et le maître Jacques de Canavesis peintre à Turin. Ce dernier est plusieurs fois cité parmi les artistes ayant travaillé et résidé à Vence.

Les parties décorées sont : la nef, de la grille au sanctuaire, le sanctuaire au niveau de la marche de l’autel au fond, le plafond et le retable.

Les côtés de la nef sont composés de deux registres : 

  • à gauche en bas, la vierge et les apôtres et au-dessus la Jérusalem céleste ;
  •  à droite sont figurés l’enfer et en dessous les vices.

Dans le sanctuaire : 

  • Au fond : derrière l’autel, dans un encadrement, la visitation de Marie chez sa cousine Élisabeth. Cette scène est incluse dans un encadrement baroque à colonnes torses surmonté d’un chapiteau ionien comportant l’inscription : « Maria visitavit Elisabeth ». Saint Pierre et saint Paul encadrent cette fresque. Cet ensemble est visiblement postérieur et d’un autre auteur.
  • Au plafond : un Christ en majesté assis sur un trône 
  • à gauche en bas prophètes et rois de l’ancien testament ; au-dessus les saints Jérôme et Grégoire
  • à droite au-dessus, saints Augustin et Ambroise et au-dessous prophètes et roi de l’ancien testament.

Voici quelques détails des peintures : 

Il est intéressant de noter que la découverte de ces fresques a eu lieu en 1924 lors de travaux ; elles étaient alors recouvertes d’une épaisse couche de badigeon blanc

Chapelle Sainte Anne

Construite à l’origine sur un plan rectangulaire à chevet plat, elle a été modifiée depuis. Elle devait, comporter un porche identique à celui de Ste Elisabeth, dont l’arc subsiste sous le crépi.  Les chapelles latérales sont postérieures à la construction. Au XIX e siècle un remaniement à surélever le porche pour l’inclure dans la chapelle et la façade a ainsi été changé.

Le prieuré, quant à lui, date du XVIIe siècle.

Dans le chœur un très beau retable en bois richement sculpté et peint, a subi malheureusement une restauration chromatique abusive.

Il a été exécuté entre fin du XVIIe et début XVIIIe, presque contemporain de la statuaire du calvaire, dans l’esprit de cet art populaire régional. Il a été construit par l’ermite gardien de la chapelle.  Il est dommage que la toile de Notre Dame de Pitié, (datée 1708) soit en très mauvais état. Malgré tout, il s’agit du plus intéressant retable de la ville.

Sur l’autel latéral gauche, un tableau des Âmes du Purgatoire du XVIIIe qui provient de la cathédrale.

Sur l’autel latéral droit de la chapelle se trouve un beau tableau de la Sainte Famille du XVIIIe siècle.

À l’intérieur, contre les murs, se trouve un ensemble de pierres romaines, reliquat d’une partie du musée lapidaire qui se trouvait au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville.

Historique

 

L’abbé Tisserand, historien de Vence, écrivait en 1860 en évoquant l’évêque d’alors, Monseigneur Pierre du Vair (1601-1636) : « Tout à son œuvre de régénération […] en fondant, en 1610, la chapellenie de Notre-Dame de la RAT ou de l’ARRAT, sous l’invocation des Sept-Douleurs et de la Pitié, titre d’un bénéfice ecclésiastique. » En fait, une pierre sur la façade porte la date de 1617. Il aura probablement fallu attendre sept années entre la décision de construire la chapelle et sa construction effective.

 

Le successeur de Monseigneur Pierre du Vair, Monseigneur Antoine Godeau, né à Dreux le 24 septembre 1605, mort à Vence le 21 avril 1672, un des membres fondateurs de l’Académie française, écrivait cette intéressante lettre (probablement datée de fin 1671 ou tout début 1672) au « Père Provincial de la Doctrine Chrétienne ; sur l’établissement des Pères de cette congrégation dans son Diocèse. »

L’intérêt de cette lettre est d’attester de l’importance de cette chapelle dès sa construction, puisqu’on lui destine l’hébergement de pères, et de montrer les arguments (parfois spécieux…) de l’évêque pour convaincre le père provincial de la Doctrine chrétienne de venir rapidement à Vence car, vieillissant, il désire mettre en ordre son diocèse (Monseigneur Godeau décédera d’ailleurs l’année suivante en célébrant l’office):

  • Rapidité d’installation et économie.
  • Facilité pour la confession.
  • Un air meilleur qu’à Saint-Michel (quartier de Vence plus près de la ville où fut construit le grand séminaire qui jouissait évidemment du même air).
  • Proximité de son lieu de retraite.

En 1710, Monseigneur François de Bertons de Crillon (1697-1714) nomme son neveu au bénéfice de Notre-Dame de Larat qui en 1713 devient évêque de Saint-Pons de Tomière.

Au XVIIIe siècle, une congrégation de sœurs de Sainte-Anne reçoit la charge des lieux d’où son nom commun de Sainte-Anne.

Il y a lieu de ne pas confondre la chapelle Sainte-Anne ou « de l’Ara » (pouvant s’écrire également Larrat, Larat, l’Arrat, La Rat – cf. Godeau) avec la grande chapelle du Calvaire.

Chapelles du Calvaire

À la fin du XVIIe et début du XVIIIe siècle, un chanoine de Vence entreprit d’ériger un chemin de croix sur le lieu d’un ancien calvaire dit Mont Calvaire. Le long de ce chemin, il fit construire huit chapelles marquant les stations de la passion du Christ. Chaque chapelle hébergeait des statues polychromes d’un mètre cinquante environ (voir page Statues du Calvaire).

Depuis leur origine, ces chapelles, d’un style typiquement provençal, ont subi de nombreux avatars dus aux guerres, à la Révolution, puis, en 1905, à l’expropriation des biens de l’église. Deux chapelles ont malheureusement déjà disparu et les autres étaient en voie de perdition ou à usage d’entrepôt. Elles ont été classées Monument Historique en 1989.

La Ville de VENCE grâce à l’aide de l’Etat et de l’association Patrimoine Religieux Vençois restaure cet ensemble de Chapelles qui, après la réinstallation de la statuaire, en restituera un lieu d’intérêt majeur pour l’histoire de l’art populaire provençal et le rétablissement d’un culte ancestral.

Chapelle des Pénitents Blanc

Issue de la confrérie de la miséricorde 1523, la confrérie des pénitents blancs est fondée en 1567 sous le patronage de saint Bernardin

 

C’est la plus grande des chapelles de la ville ; elle date de 1614. Elle possède une jolie coupole et un clocher de plan carré couverts de tuiles plates vernissées de couleurs. La chapelle a conservé son sol en carrelage vernissé.

Une porte obturée donnant dans la chapelle face au chœur est visible de l’extérieur.

On y entre par un porche hors œuvre donnant sur une agréable petite place, une plaque en bronze à la mémoire du poète Frédéric Mistral porte la mention : « Desempièr Arle jusqu’à Venço Escoutas me, gent de Provenço. » (D'Arles à Vence, écoutez-moi, habitants de Provence).

Issue de la confrérie de la miséricorde 1523, la confrérie des pénitents blancs est fondée en 1567 sous le patronage de saint Bernardin

 

C’est la plus grande des chapelles de la ville ; elle date de 1614. Elle possède une jolie coupole et un clocher de plan carré couverts de tuiles plates vernissées de couleurs. La chapelle a conservé son sol en carrelage vernissé.

Une porte obturée donnant dans la chapelle face au chœur est visible de l’extérieur.

On y entre par un porche hors œuvre donnant sur une agréable petite place, une plaque en bronze à la mémoire du poète Frédéric Mistral porte la mention : « Desempièr Arle jusqu’à Venço Escoutas me, gent de Provenço. » (D'Arles à Vence, écoutez-moi, habitants de Provence).

 

À l’intérieur, elle est pourvue, sur les trois côtés, de lambris en sapin formant sièges, en partie recouverts par des panneaux, mobilier classique des confréries de pénitents. L’autel en maçonnerie a été déposé pour permettre des expositions d’art contemporain.

Face à l’entrée, dans une chapelle, se trouve un autel en marbre de 1887. En contournant l’édifice côté sud, on s’aperçoit que cette chapelle comportait sur son mur à l’est une grande porte en cintre obturée. Il semble que cette partie de l’édifice pourrait être antérieure à la construction de la chapelle de (1614). Il pourrait y avoir un lien entre l’ex-chapelle de la confrérie de la miséricorde, qui avait obtenu, en 1523, le droit de tenir assemblée dans la ville et la reprise de ses activités par la confrérie des pénitents blancs qui auraient pu avoir agrandi l’édifice.

Par contre, la sacristie est un ajout.

Chapelle Matisse

La Chapelle du Rosaire ou chapelle Matisse est érigée de 1949 à 1951 à Vence. Elle est le chef d’œuvre d’Henri Matisse réalisé pour les sœurs dominicaines. 

Celles-ci sont heureuses de vous accueillir dans la chapelle et dans l'espace muséal adjacent où est présenté un important ensemble d'œuvres préparatoires de l'artiste (dessins, gravures, maquettes, photos, textes ainsi que les vêtements liturgiques conçus par Matisse).

 

Pour toutes les informations sur la chapelle, consulter le site : http://chapellematisse.com/

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