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Cathédrales de Vence

Temple Romain et Cathédrale paléochrétienne

Des fouilles récentes à l'emplacement des halles et de l'ancienne mairie ont fait découvrir les fondations de la première cathédrale paléochrétienne qui fut déconstruite et dont les pierres ont servi à construire la cathédrale actuelle au XIe siècle. Il a été notamment mis à jour les fonds baptismaux, les absides et un grand nombre de tombeaux ainsi qu'un four à cloches ou a été fondue après l’arasement la cloche de la cathédrale. Les fouilles sont toujours en cours au 1 octobre 2025.

 

On suppose que les pierres romaines se trouvant sur les murs extérieurs de la cathédrale se trouvaient aux abords d’un temple romain dédié à Mars et à Cybèle. Nous en avons la preuve par les inscriptions romaines sur deux pierres incluses.

 

Sur l’une, la pierre du taurobole (fig. 1), un texte est gravé, dont M. J. R. Bourguignat dans son ouvrage Inscriptions romaines de Vence nous donne la traduction : « À la mère Idéenne ; Valeria Marciana, Valeria Carmosine et Cassius Paternus, prêtre, à ses frais, ont célébré le sacrifice du taurobole. »

« Pour faire le sacrifice des tauroboles, on creusait une fosse profonde, couverte de planches, trouées en plusieurs endroits, sur lesquelles on égorgeait un taureau ; le prêtre destiné à faire l’expiation se tenait sous les planches, vêtu d’une robe de soie et portant sur la tête une couronne ornée de bandelettes ; il se tournait de façon à recevoir le sang sur toutes les parties du corps. Dès que la cérémonie était achevée, il sortait de la fosse, et le monde se prosternait devant lui, comme s’il eût représenté la divinité pour laquelle on offrait le sacrifice ; ses habits ensanglantés étaient regardés comme des choses sacrées, on les conservait avec beaucoup de religion. » (Papon, Histoire gén. de Provence, t. 1, p. 62.)

Les historiens pensent que ce sacrifice du taurobole fut imaginé vers le IIIe siècle par les païens pour l’opposer au baptême des chrétiens, dans l’intention de purifier les fidèles de leurs fautes, en invoquant Cybèle, la bonne déesse. Ce genre de sacrifice pouvait donc exister environ 150 ans avant l’intronisation de notre premier évêque (en 375).

 

L’autre pierre porte « Marti Vinto » (fig. 2), etc… Cette indication prouve qu’il existait un temple de cette divinité. Si ces deux inscriptions démontrent bien que le temple était dédié à Mars et à Cybèle, elles ne nous renseignent pas sur son implantation.

Selon la légende, reprise par certains auteurs, l’avancée en pierres, qui se trouve place Godeau accolée à l’abside et munie d’une étroite baie ébrasée était une partie du temple romain. Il n’en est rien. Il s’agit en fait d’une construction postérieure à la construction de l’abside, qui venait renforcer la paroi de l’importante niche creusée dans le mur de l’intérieur pour y placer, jusqu’au XIIe siècle, le tombeau de Saint Lambert. La légende dit qu'il entendit les travaux de sa chambre et vint le bénir (en 1154)

Cette niche est toujours visible derrière l’autel.

Historique de la cathédrale Notre-Dame de la Nativité

La cathédrale de Vence figure parmi les plus anciennes de la région.

Le premier historien de Vence, l’abbé Tisserand, cite dans son ouvrage de 1860 page 10: « On pense que saint Trophime d’Arles, établit à Vence son premier évêque (161-180).

A la date de [l'empereur] Jovien (364), nous avons le nom d’un évêque de Vence, Saint Andinus.» Il cite également saint Eusèbe (en 374). 

Les premiers évêques attestés sont Severius de 419 à 442 et saint Véran en 451 et 465. 

 

Les plus anciens témoignages observés sont les pierres de chancel mérovingiennes et carolingiennes incorporées dans les piliers du pourtour lors de sa reconstruction au XIe siècle (Voir Pierres de chancel).

 

Au XIe siècle, à sa reconstruction, la cathédrale comprenait : le vaisseau central se terminant par un cœur carré et deux collatéraux (plan 1). Celui au sud donnait accès à la sacristie et, à droite, à une pièce d’exposition des reliques. Dans le chœur, se trouvait une porte qui s’ouvrait sur la place Godeau. Cette porte était appelée « porte du mort » (fig. 1) car elle donnait directement accès au cimetière. 

Au XIIe siècle, (plan 2) adjonction dans la partie axiale de l’abside d’une ample niche qui vient détruire le mur de l’abside dans sa partie centrale. Cette construction est bien lisible au chevet (fig. 3). A l’intérieur, c’est dans cette niche qu’étaient conservés jusqu’au XVe siècle le tombeau de l’évêque saint Lambert.

Au XIIIe siècle, (plan 3)en haut de la nef nord, construction du clocher jouxtant et qui donnait sur la place Godeau (fig. 4).
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Au XIVe siècle, (plan 4) obturation de la porte du chœur donnant sur la place Godeau. Elle est remplacée par celle au fond du collatéral nord. Le passage sous le clocher est ouvert et sa porte place Godeau est condamnée (fig. 5).

 

Au XVe siècle, (plan 5) construction de la sacristie actuelle (fig. 6) pour y transférer les tombeaux des saints et y exposer les reliques. Le chœur est réaménagé en 1459 pour y installer des stalles qui, faute de places, seront transférées en 1499 dans une tribune construite dans la grande nef, à l’opposé du chœur (cf. page stalles).

Au XVIe siècle, (plan 6, 7, 8) construction des tribunes modifiant les arcades par leur doublement (fig. 7, 8 et 9). Les demi-colonnes ont été cassées pour faire de la place, sauf dans les tribunes et au fond de la nef sous les stalles.

Au XVIIe siècle, adjonction des collatéraux nord et sud (plan 9) pour y aménager les autels et les tombeaux de saint Véran (sarcophage païen mi-IVe siècle) (fig. 10) et de saint Lambert (pierre tombale du XIIe) (fig.11).

Au XVIIIe siècle, (Plan 10)

  • Réaménagement de l’abside (fig.12) par un décor en stuc, ainsi que des fonts baptismaux, plafond (fig. 14) et encadrement, qui accueilleront par la suite la mosaïque de Chagall (fig.14), de l’arc de la chapelle du collatéral nord et du plafond de la chapelle au fond du collatéral sud.
  • Confection du grand autel (fig.13) en marbre de couleur et de son tabernacle en marbre blanc faits à Gênes et signé Schiaffini fait en 1768.

Les Colonnes Marseillaise sont enlevées au milieu du XVIIIe siècle. Situées à l’entrée du Sanctuaire, elles supportaient la tribune des orgues, léguées par Mgr Raphaël Monso en 1491. Leur épigraphie fait mention « la république des Marseillais, par les soins de Julius Honoratus, procurateur d’Auguste, ancien primipile (le plus haut grade des centurions), gouverneur des Alpes-Maritimes. » d’où leur appellation de « colonnes des Marseillais ». Notre propos n’est pas d’écrire l’histoire de ces deux colonnes de porphyre bleu, M. Boutin l’a très bien fait dans sa monographie :  « Les colonnes marseillaises de Vence » que l’on peut consulter à la Médiathèque de Vence, mais nous pouvons supposer, sans preuve, qu’elles ont fait partie du temple romain dédié aux dieux « Mars et Cybèle », sans indication sur l’époque et la raison de leur introduction dans la cathédrale. Il semble logique que cela remonte soit à l’époque mérovingienne soit au XIe siècle date de sa reconstruction. Elles sont visibles l’une place Godeau (cimetière vieux) (fig.15), l’autre place du grand jardin (fig.16).

Au XIXe siècle, (Plan 11) aménagement de l’entrée et de la façade côté sud, place Clemenceau. (fig.17 et 19) remplacement de la voûte en pierre (fig.18) qui s’écroulait par une nouvelle en plâtre surélevée (plan 12).

En pénétrant dans le bâtiment, le visiteur est surpris par l’obscurité qui règne, due aux modifications opérées au cours du temps, mais la cathédrale a su conserver l’atmosphère recueillie des églises romanes qui la rend si attachante.

Le bâtiment est classé monument historique

Visite de la Cathédrale Notre Dame de la Nativité

Plan de la cathédrale rez-de-chaussée. 
 

Pierres de Chancel (Cathédrale Notre Dame de la Nativité)

Le chancel ou cancellus était une clôture de pierre qui, dans l’art paléochrétien, forme un enclos rectangulaire, ou une barrière située en avant de l’abside ; le chancel sépare ainsi le chœur liturgique des autres parties de l’église. Les parois du chancel sont de faible hauteur et percées de plusieurs portes.

Il se composait de piliers entre lesquels étaient glissées les dalles
 

Tombeaux des Saints Évêques (Cathédrale Notre Dame de la Nativité)

Tombeau de  Saint Véran

Le tombeau de Saint Véran est le réemploi d’un sarcophage romain dans l’esprit de ceux de Sainte Maxime. 

Véran est décédé vers la fin du Ve siècle. Il était situé dans l’abside et a été transféré vers 1466 dans la salle des reliques (sacristie actuelle) et placé dans l’autel en haut de la nef sud lors de la construction des 3 autels.

Tombeau de Saint Lambert

Nous n’avons pas de preuve sur l’emplacement de son tombeau mais il est probable qu’il se trouvait derrière le maître autel dans l’épaisseur du mur qui nécessita la construction de l’avancé place du cimetière vieux. Le transfert a du s’opérer au XVIIe lors de la construction du grand autel.

Reliquaires (Cathédrale Notre Dame de la Nativité)

Saint Véran - Saint Lambert

Les reliquaires en argent ont été enlevés à la révolution et refait en 1825 à Paris par Choiselat-Gallien.

Ils contiennent les reliques de nos Saint patrons.

Niche au reliques

Vitrine

Tableaux et retables (Cathédrale Notre Dame de la Nativité)

Retable des saints et des anges du XVIIe

Saint Paul ermite et Saint Antoine abbé 

par Jean Daret artiste provençal (1614-1668)

Saint Véran et Saint Lambert

Mosaïque de Chagall (Cathédrale Notre Dame de la Nativité)

Quand Marc Chagall fut sollicité pour notre antique cathédrale, il accepta aimablement de faire la maquette d’une mosaïque et d’en diriger l’exécution en témoignage d’amitié et en souvenir de son long séjour dans cette cité, de 1950 à 1966. Ces années recouvrent une période importante dans sa vie, celle où il conçut et réalisa son œuvre sur le thème du Message Biblique dont la donation en 1966, l’année même où il quittait VENCE, a donné naissance au  Musée National de Nice.

Chagall a consacré cette mosaïque au thème Moïse sauvé des eaux. En retenant ce passage de l’Exode (II, 1 – 10) pour le baptistère de VENCE, il a voulu exprimer la joie du baptême. C’est bien la joie qui rayonne de la mosaïque, avec ses couleurs claires et variées, l’éclat du soleil et ses reflets sur les eaux. Cette joie s’adoucit et s’épure dans le regard de la fille du Pharaon et la tendresse du geste, quand elle se penche vers le petit Moïse pour le recevoir. La joie qu’elle exprime n’est pas une joie terrestre : elle transpose l’épisode rapporté dans l’Exode pour l’élever jusqu’à la joie spirituelle du baptême. La fille du Pharaon qui recueille Moïse devient l’Eglise recevant un  nouveau-né ; et celui-ci, par l’eau du baptême évoquée par l’eau du Nil devient un enfant de Dieu. C’est bien ainsi qu’il faut lire la Mosaïque puisque Chagall a introduit dans sa composition des éléments insolites pour l’illustration du texte biblique : un ange auprès du soleil, et, surtout, l’arc dans le ciel. Ce pont céleste est le signe traditionnel de l’alliance de Dieu à son peuple. Au baptistère de VENCE, Moïse sauvé des eaux est vraiment la préfiguration spirituelle du sacrement.

 

La mosaïque (235 cm x 170 cm) a été exécutée en août et septembre 1979, sous la direction de Marc Chagall, par M. Tharin, mosaïste. C’est la ville de Vence heureuse de posséder une œuvre de Marc Chagall, qui a assumé la charge matérielle de cette exécution, inaugurée le 16 décembre 1979. 

Mobilier (Cathédrale Notre Dame de la Nativité)

Ancien Jubé

Porte gothique de la Prévôté

Porte de la sacristie

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